Peter Pan - Himiko

jeudi 27 novembre 2008

Requiem

A mon enterrement je serai allongé
Dans un beau cercueil blanc pour mon éternité
Comme un dernier espoir les voiles sur mon corps
Seront rouges et puis noires pour nos ultimes accords
Nous irons à l'église mais pas pour dire la messe
Simplement pour l'emprise des pierres sur mes ivresses
On entendra le son du plus beau Requiem
Comme une communion car tu sais que je t'aime
Et juste avant Mozart ce sera Demain dès l'aube
Qu'on lira dans l'aurore respectant les fantômes
Pas de fleurs, non merci c'est bien trop éphémère
Je suis trop immortel, pour toujours ta lumière
Recouvrira mon corps du plus beau des poèmes
Qui n'existe que dans l'or de nos pas qui se trainent
Je ne veux pas de discours, fête commémorative
Les mots sont bien trop lourds quand d'autres les cultivent
Je ne veux pas de curé je déteste leur Dieu
Je ne crois qu'en les fées qui brillaient dans mes yeux
Mais ne soyez pas tristes ma vie a été belle
Je ne suis pas le Christ qu'on habille de dentelles
Dans ce dernier moment je me consolerai
A de multiples temps je sais que j'ai aimé
Je veux un enterrement grandiose et mystérieux
Respectant cette image magnifique prétentieux
Des bougies sur l'autel sans aucune prière
Comme ce monde cruel et puis le cimetière
Elle sait qu'elle sera la première à jeter
Une rose sur moi sur mon corps enfermé
Dans ma dernière maison je serai bien tranquille
Sous une dalle de béton comme un ultime exil
Et une sépulture comme dans l'ancien temps
Une pierre sans gravures, photo de moi enfant
Mon nom en lettres noires comme une danse lugubre
Gravé comme un espoir pour faire croire à l'absurde
Et refermez sur moi la porte des enfers
Les colonnes et le toit seront votre prière
Ne me regrettez pas ; je ne regrette rien
Soyez heureux pour moi et garder dans vos mains
Cette force de vivre, ces espoirs qui se cassent
Qui vous aident à survivre dans ce monde dégueulasse
Faites l'amour sur ma tombe dans vos danses de silence
Faites l'amour sur ma tombe pour vous sentir en transe
Faites l'amour sur ma tombe comme une étreinte funèbre
Faites l'amour sur ma tombe vous serez dans mes rêves
Faites l'amour sur ma tombe jouissez quelques instants
Si vous aimez les ombres sur mon corps bien trop blanc
Faites l'amour sur ma tombe dans vos danses de silences
Faites l'amour sur ma tombe pour atteindre la transe
Comme une étreinte funèbre jouissez en rêvant
Dans la danse de mes rêves à chacun des instants
Faites l'amour sur ma tombe si vous osez m'aimer
Faites l'amour sur ma tombe si vous le méritez

Posté par Peter_Pan_ à 02:07 - Poèmes de nuit - Commentaires [4]


dimanche 23 novembre 2008

Mon bateau ivre



Je ne suis qu'un bateau ivre de ma tristesse
Que j'oublie dans mes nuits au bord de mes ivresses
Au milieu d'un regard, d'une ombre qui me laisse
Là au bord du chemin, comme un chien sans laisse
Je suis seul et perdu, sans aucune politesse

Je pense à ces navires dérivants, en détresse
Qui ne savent que pleurer au soir de l'infini
L'involontaire exil, dont mon corps est le fruit
Pourrissant sur sa branche, refusant de tomber
Comme une putréfaction de la fin d'un été
Qui saigne et qui s'en va dans l'ultime volupté
D'un ange qui s'endort contre le corps d'une fée

Regarde un peu ce monde
Qui s'en va loin de nous
Que l'on ne comprend pas
Qui nous traite de fous
Regarde un peu ce monde
Qui nous traine à la tombe
Et viens vivre avec moi
V
ivre loin de tout ça

Je ne suis qu'un bateau qui s'endort sur la mer
Qui dans les profondeurs plonge dans les enfers
Et je deviens celui, dans la mythologie
Qui plonge dans le Styx, pour fuir toutes mes envies
Je me perds dans les Champs Elysées qui m'ennuient
Et au fond du Tartare qui me murmure tes cris
Que tu fais dans la nuit, la peau contre la mienne
Et la chaude et épaisse rivière que je sème
Me réveille parfois de la nuit et du vent
Mes glaciers de sang ne se brisent plus souvent
Quand mon bateau s'effondre sur la mer des regrets
L'océan est cimetière et tombeau est ma plaie

Regarde un peu ce monde

Qui s'en va loin de nous
Que l'on ne comprend pas
Qui nous traite de fous
Regarde un peu ce monde
Qui nous traine à la tombe
Et viens vivre avec moi
Vivre loin de tout ça

Posté par Peter_Pan_ à 23:27 - Poèmes de nuit - Commentaires [0]

samedi 22 novembre 2008

A pas feutrés

341_afc3688a4c3a300a3d1ae2921d5af85f_1_l

Quand mes pas dans la nuit deviennent trop lourd
Pour marcher dans les rues sombres sous les lumières
D'une ville trop grise où les esprits sont sourds
Dans le feu de l'ennui l'inconsciente atmosphère
Qui pèse comme une ombre au dessus de nos âmes
Multiples solitudes sont des langueurs infâmes

Quand les chauve-souris se cognent dans nos têtes
Les parois de mon crâne deviennent une prison
Pour exalter l'essence de nos envies muettes
Dans le feu de nos sens inondant nos raisons
Dans les océans rouges à se noyer dedans
Dans l'ultime volupté de la fin gémissant

Quand mon orgueil s'enfuit en glissant dans mes nuits
Puisque l'émerveillement est la plus grande sagesse
Je ne suis qu'un enfant qui s'est lui-même puni
Au son des violons comme un vieux sans ivresses
J'étais là cette nuit pour que tu n'aies pas froid
Mais je suis seul au monde, je ne suis pas comme toi

Posté par Peter_Pan_ à 01:07 - Poèmes de nuit - Commentaires [2]

mardi 18 novembre 2008

Homme pour Homme, sang pour cent

Quand la ville est changée en une prison de sang
Au milieu des décombres de cadavres hurlants
Leurs yeux grands ouverts l'horreur de leurs bourreaux
Qui ne sont que des Hommes qui ont perdu leurs mots

Les décharges sont les poubelles de nos vies
Les décharges sont les morgues de nos esprits
Dans lesquelles je patauge, recherchant vainement
Les cadavres de ceux qui sont restés vivants

Plus rien est personnel, tout est socialisé
Mines antipersonnel pour désocialiser
Les bourreaux de ce monde que l'on veut voir périr
Alors que nous pouvons nous aussi devenir

Ceux qui détruiront tous les espoirs en ce monde
Peut-être même déjà avons-nous tous, dans l'ombre
Cachés au coin des rues commencé à tuer
Les convictions gagnées d'avoir aimé aimer

Je fais partie de ceux qui savent encore aimer
Je suis trop prétentieux parce que je pourrais
Être de ceux qui tuent mais je n'ai pas raison
Serais-je moi aussi complice de destruction ?

Il y a l'océan, s'y perdre à y mourir
Pour faire de nos rêves le regret des désirs
Dans les désillusions de cette humanité
Qui entre ses barreaux nous a emprisonné

Posté par Peter_Pan_ à 23:57 - Poèmes de nuit - Commentaires [0]

samedi 15 novembre 2008

La Saône

      Poème écrit en septembre dernier à Lyon, un soir, alors qu'elle dormait (ou faisait semblant) après une promenade solitaire.

Sur les quais de la Saône ce soir je marche seul
En suivant le courant comme un ami tranquille
Qui me suit en silence me caressant des feuilles
De ces saules pleureurs qui remplacent une fille

Cette nuit elle dort dans le lit de ses rêves
Et la rivière coule dans le lit du temps
Quand le cœur de la ville me berce dans sa sève
Les lumières dessinent mon ombre dans le vent

Le noir du fond de l'eau vient mouiller le rivage
Quand mes jumeaux d'un soir se perdent eux aussi
Depuis l'autre côté me renvoient des images
De vastes solitudes ou d'amours infinies

La lumière de la nuit qui éclaire Fourvière
Imposant sa carcasse sur la tête de Trajan
Et je baisse les yeux les posant sur la pierre
Comptant mes pas feutrés me berçant lentement

Je passe sous le pont des amours qui s'éteignent
En laissant mes pensées s'évader dans les eaux
Comme la fin d'une histoire sans vouloir qu'on me plaigne
Puisque j'aime ce silence qui revient en écho

Si mes pensées s'éloignent de cette nuit sans lune
C'est pour survivre encore dans les goûts d'amertume
Ces regrets qui jamais ne se changent en rancunes
Car ce soir les rivages ne reçoivent pas l'écume

L'écume qui léchait la Terre de sa douceur
Me laissant oublier les maux des souvenirs
Tu dors non loin de là toi ma petite sœur
Tu me rassures pour que j'oublie mon avenir

Et enfin ton visage se dessine sur la plaine
De cette si parfaite métaphore du temps
Ton sourire et tes yeux anéantissent ma peine
J'aimerais exister ici et maintenant

Posté par Peter_Pan_ à 02:37 - Poèmes de nuit - Commentaires [4]


  1