mardi 16 décembre 2008
500/50
En ce moment, j'écris beaucoup. C'est aussi pour cela que je ne publie plus énormément ici, hormis quelques accords avec des paroles qui peuvent parfois être maladroites. J'avance mon roman. Et ça m'emmerde. Ça m'emmerde, cette manie d'écrire cent pages et de n'en garder que dix ; ça m'emmerde, cette incapacité à écrire dans l'ordre mais la fin avant le début lui-même avant le milieu. Je cherche toujours à faire évoluer mes personnages, à les aimer, malgré leurs défauts, malgré leurs erreurs et leurs atrocités, en ignorant ce qu'ils peuvent avoir de beau, d'humain, de vrai, de pur, de profond.
Je balance mes pages à la poubelle, je recommence, je corrige, j'efface, j'accentue. Je me fais peur, parfois, en me relisant, en parcourant le matin ce que j'ai écris pendant la nuit, sans l'alcool qui me faisait avancer quelques heures auparavant, loin du soleil qui plante mes mots dans le métal duquel il m'est impossible de les retirer comme Arthur retire l'épée d'Uterpendragon de l'enclume... Les maitres son trop loin de moi, alors, je baise leurs chevilles.
Le matin, ma souris se déplace sur la feuille noircie et mon doigt reste trop longtemps appuyé sur suppr. Ce roman, c'est le quatrième, sans compter mon recueil de nouvelles noires que je trouve superbe. Je sais déjà qu'il sera bon, contrairement aux autres. Je savais lire ; maintenant, je sais écrire. Le scénario sera construit et l'écriture belle. Fuck Marc Lévy, Guillaume Musso et tous ces pseudo-écrivains qui écrivent avec leurs pieds et qui ne peuvent pas s'empêcher de balancer des virgules devant chaque conjonction de coordination ; pour un écrivain, la virgule avant une conjonction est un crime de lèse-littérature. Moi, je coordonne sans pause, je coordonne tout. Et à la fin, je sais que ce sera beau, que ce sera grand.
J'hésite encore sur le titre. Est-ce que je laisse celui de la nouvelle issue de L'encre noire qui l'a inspiré ? Je continue de penser qu'il serait plus judicieux d'en changer...
Cette nuit, j'ai écris vingt pages. Je vais m'endormir avec l'espoir qu'il en restera au moins une demain matin.
dimanche 14 décembre 2008
Liberté individuelle
La liberté, c'est bien plus que la rébellion ou la colère. C'est mieux que n'importe quelle victoire dans une bataille contre le déchainement des oppresseurs. La liberté, c'est simplement l'envie d'aller loin, le plus loin possible, vouloir se défaire de ses chaines qui nous retiennent à nous-mêmes : l'attachement aux autres, l'attachement à un lieu, l'attachement à des objets, à des sons, à des ressentis et des sensations. La liberté, ce n'est pas la rage ou l'exaspération de ce que l'on est ou ce que l'on a mais l'absence de toute forme d'attachement.
La liberté, c'est aller vivre le plus loin possible des Hommes, le plus loin possible des autres, là où il n'y a rien, là où le désert ou la neige, la chaleur ou le froid empêchent toute forme de vie humaine. C'est prendre des risques, flirter avec la mort et faire du vent qui fait couler nos yeux notre unique et ultime amant. C'est ignorer le temps qui passe, casser nos montres, perdre nos clés, oublier nos codes qui nous retiennent ici.
Le bitume et les sons ne nous aideront jamais à trouver le chemin qui mène aux grands espaces, aux lacs qui n'en finissent plus, au delà de l'inconnu de la mer, là où les icebergs sont les derniers survivants d'une planète détruite et gâchée par ceux qui ont cru qu'elle leur appartenait. Fuir, partir, loin... Les routes sont toujours belles. Découvrir, encore et encore. Être sédentaire, c'est se perdre ; partir, se perdre dans l'espace, c'est se trouver soi-même.
Survivre ici, au milieu de tout cela, au milieu des lumières, des salles noires. Peut-être que le bonheur n'existe pas avec les relations humaines. Pourtant, je suis certain que le bonheur n'existe vraiment que lorsqu'il est partagé ; alors, pour être heureux, peut-être faut-il ne pas être libre vis-à-vis de soi-même ?
jeudi 11 décembre 2008
Tchao pantin
La chanson du soir.
Enregistrement merdique parce que réalisé vite fait avant
de poster avec une putain d'angine et dans un état d'alcoolémie
avancé... Parce que la version du mois d'août était pourrie...
L'alcool : le vin blanc. Saumur. Et la clope. Ce réflexe de la clope. Comment est-ce que je peux avoir désormais ce réflexe d'en allumer une dès que la précédente est terminée, alors qu'il y a un an et demi, je ne fumais presque pas ? Qu'est-ce qui a changé pendant ce temps ? Qu'est-ce que je suis devenu ? Pourquoi aujourd'hui je fume et je bois, alors qu'avant, j'essayais d'avoir une vie saine, normale : des amis, des filles, des passions. Je m'interroge tous les jours sur ce qui a changé. Je ne trouve pas la réponse ; les réponses. Je ne trouve rien. Demain, la chinoise ne me dira rien de plus que ce que je sais. Et après, je ferai semblant. Comme d'habitude. Je revêtirai le masque de l'humour et je rentrerai en me perdant dans les rues sombres de la ville, avec dans ma tête des musiques de films noirs et tristes. Je me perds, encore et encore, jusqu'à quoi, d'ailleurs ? Jusqu'à être totalement perdu ? J'ai le naïf espoir de ne pas l'être totalement...
jeudi 4 décembre 2008
La nuit des incantations
Voici la tracklist (dans l'ordre) du premier CD que j'ai enregistré. En fait, il y a eu deux que j'ai regroupés ici en prenant les morceaux que j'ai jugé les meilleurs (17 sur 22). Ca s'appelle La nuit des incantations, du nom du second CD - le premier s'appelait Peter Pan - et ces morceaux ont été écris entre octobre 2006 pour les plus anciens à juin 2008 pour les plus récents. Les enregistrements sont pourris parce que j'ai du matos d'une qualité s'approchant fortement de la très grosse merde due à une forte colique et parce que j'avais un micro pas terrible au moment de l'enregistrement.
LA NUIT DES INCANTATIONS
mercredi 3 décembre 2008
Musique
Je pense que je vais arrêter de faire un CD de quatorze ou quinze morceaux par semaine. C'est lourd et c'est bâclé. J'en envie de travailler avec des violonistes, des bassistes, des flûtistes, des percussionnistes, j'ai envie d'arranger mes musiques avec un synthétiseur. Je suis assez partisan de l'imitation par synthétiseur, au niveau « studio ». C'est plus confortable. J'ai envie de séances de travail. Moi, je ne peux faire que les guitares : je ne tripote pas assez bien sur un piano. J'en envie de chiader mes chansons. J'ai envie d'un peu plus de diversité qu'une simple guitare acoustique. J'ai envie de chœurs, j'ai envie de voix, j'ai envie de mieux.
J'ai envie que mes chansons prennent une autre dimension, j'ai envie de réenregistrer mes meilleurs morceaux, Révolution, La nuit des incantations, Histoire vaine, Peter Pan, L'espérance de l'ailleurs ; j'ai envie de réenregistrer le CD Anarchie avec des violons. Mais je ne changerai rien à Nuit de pleine lune. J'aime le côté sobre de ces quatorze morceaux, épuré, avec seulement une guitare et une voix. J'espère que le prochain sera plus sophistiqué, en gardant son côté sobre.
lundi 1 décembre 2008
Les artistes
Pour moi, les seules choses valables se font dans la solitude et la tristesse : l'art est une éminence de cela. L'artiste est un fou, il est l'incarnation de l'inadaptation sociale : il a besoin de dire à travers son art ce qu'il ne sait pas exprimer simplement en privé ; c'est de la pudeur. Les artistes sont pudiques et orgueilleux. Mais les artistes qui ne produisent pas, qui gardent leur pudeurs en eux sont proches de la psychopathologie, même si le fait qu'ils l'ignorent peut leur être bénéfique pour avancer aux côtés des artistes : en marge de la société, dans un épanouissement qui leur est propre.
L'artiste est fétichiste avec les femmes comme un croyant peut l'être avec Dieu. Il ne craint pas la mort et il aime passionnément. Il aime une femme, il aime les femmes – ou les hommes - , il vit de cela, il vit d'amour, il vit de sexe, il vit de son art. Et il vit de ses désillusions : il sait que lorsqu'une fille s'en va, c'est que l'amour entre eux n'existe plus depuis longtemps. Pour lui, la femme est une muse et la source des peines, c'est comme ça. Mais elle lui est tout de même indispensable. L'artiste est condamné à souffrir par amour. L'artiste est un déséquilibré. C'est un jongleur. Il n'a pas besoin de la femme par équilibre, il a besoin de la femme par amour, par désir, par pureté. La tendresse, ça vient après l'amour et c'est insoutenable, c'est l'esclavagisme de l'être humain. Et on ne peut s'y soumettre. Même avec les chiantes. L'artiste est bien trop enfant et bien trop féminin pour avoir besoin de la femme comme d'un appui, pour la posséder. Il en a besoin parce qu'il l'aime. L'artiste n'est pas un homme. L'artiste est une femme-enfant.
Je parle d'art. Si je parle pour moi, je parle de chansons, de morceaux, de romans, de nouvelles ; je ne parle pas de poésie. Ceux qui se disent poètes ne le sont à coup sûr justement pas. Je trouve cela d'une prétention puante. Ils ne sont même pas artistes. Ils ne sont rien. Ils ont d'autres passions. L'artiste ne doit faire que cela : produire, faire de l'art. Quitte à en crever, à en crever de tristesse, de faim, et d'amour.
samedi 29 novembre 2008
Thank you...

Un jour, il y a deux ou trois ans, j'ai évoqué Ferré sur une page perdue de la toile. Une réponse m'a touché. La personne s'appelait Poussière et ses mots étaient les suivants :
"Je me souviens de l'annonce de sa mort au journal télé du soir. J'avais 10 ans et j'étais en vacances dans un hôtel du sud.
Ecran bavard auquel personne ne prête attention et puis soudain, images de cet homme échevelé qui crie, qui crache ses mots sur une scène. C'était la première fois que je le voyais et cette vision m'a fait un choc... Déjà, les adultes s'attroupaient autour de l'écran funèbre, "Quoi? Ferré est mort? C'est pas vrai?!.."
Au milieu de cette marée humaine, je trouve la main de mon père.
- Tu le connaissais, papa?.
- Oui, c'était un grand poète. Très grand. Je te le ferai écouter un jour.
Ferré, ce sont des mots et une voix, une diction qui ne laissent pas insensibles, qui ne peuvent laisser indifférents..."
J'ai marché dans la nuit sans me lever de mon siège. Ma main se tendait vers le cendrier pour y déposer les cendres de mes cigarettes et les volutes de fumée s'élevaient vers toi qui regarde écrire tous ceux qui posent des mots sur le papier, vers toi qui regarde les vrais, ceux qui savent mais qui ne veulent pas faire partie des sages, ceux qui ont le bonheur pudique et le chagrin extrême : les anarchistes, ceux qui savent que l'on ne pourra plus changer le monde, ceux à qui les armes ne servent qu'à se souvenir qu'un jour le champ du possible a été accessible aux Hommes. Tu disais qu'avec le temps, tout s'en va mais la tristesse reste, la douleur est une plaie qui ne se panse qu'à coup de vie et de distraction. Je ne suis pas assez vieux pour savoir si l'amour s'en va avec le temps et peut-être qu'un jour, je repenserai à ce que tu disais, peut-être qu'un jour, je me dirai moi aussi qu'avec le temps on n'aime plus.
Je laisserai les fous croire en la révolution, je laisserai les utopistes penser que l'Homme est capable de se suffire à lui-même et je viendrai vers toi, lors du dernier instant, pour me remémorer encore un peu ce qu'est le temps, ce qu'est la vie, la pensée et les convictions. J'aime te regarder avec tes cheveux blancs cracher tes mots à la gueule du micro, j'aime ta bouche qui hurle tes haines et tes amours à la face du monde, j'aime tes yeux qui pleurent les convictions qui font ce que tu es, j'aime ta violence et ta douceur, j'aime ton désespoir et j'aime les fissures au fond de ton cœur que tu as colmatées le quatorze juillet.
Les volutes de fumée s'envolent vers toi et tu regardes le monde. Une seule lumière est allumée et je pense à Baudelaire, à Aragon, à tous ceux qui jadis ont embelli tes rêves, embelli ta voix. Je pense à tes mots, aux Anarchistes – Ni Dieu ni maitre – et au nageur dans son berceau. Je pense aux enfants qui t'ont découvert – comme moi – trop tard pour te connaître et je pense à ceux qui ont eu la chance insolente de pouvoir te parler, de pouvoir subir tes colères.
Parfois, j'écoute ta voix. Tes chansons. D'autres fois, je ne fais que lire tes textes. Souvent, je te regarde chanter et je te trouve beau. Je me demande aussi ce que tu ferais, aujourd'hui, si tu étais encore là. Je me demande comment tu réagirais aux inepties du monde, à la politique qui est toujours aussi dégueulasse horrible, une vaste fumisterie, encore plus qu'avant.
Voilà. Dors tranquillement. Je n'ai pas voulu te réveiller trop longtemps. Juste pour que tu saches mon admiration et la grandeur que tu incarnes encore aujourd'hui, dans ton éternelle immortalité.
jeudi 27 novembre 2008
Requiem
A mon enterrement je serai allongé
Dans un beau cercueil blanc pour mon éternité
Comme un dernier espoir les voiles sur mon corps
Seront rouges et puis noires pour nos ultimes accords
Nous irons à l'église mais pas pour dire la messe
Simplement pour l'emprise des pierres sur mes ivresses
On entendra le son du plus beau Requiem
Comme une communion car tu sais que je t'aime
Et juste avant Mozart ce sera Demain dès l'aube
Qu'on lira dans l'aurore respectant les fantômes
Pas de fleurs, non merci c'est bien trop éphémère
Je suis trop immortel, pour toujours ta lumière
Recouvrira mon corps du plus beau des poèmes
Qui n'existe que dans l'or de nos pas qui se trainent
Je ne veux pas de discours, fête commémorative
Les mots sont bien trop lourds quand d'autres les cultivent
Je ne veux pas de curé je déteste leur Dieu
Je ne crois qu'en les fées qui brillaient dans mes yeux
Mais ne soyez pas tristes ma vie a été belle
Je ne suis pas le Christ qu'on habille de dentelles
Dans ce dernier moment je me consolerai
A de multiples temps je sais que j'ai aimé
Je veux un enterrement grandiose et mystérieux
Respectant cette image magnifique prétentieux
Des bougies sur l'autel sans aucune prière
Comme ce monde cruel et puis le cimetière
Elle sait qu'elle sera la première à jeter
Une rose sur moi sur mon corps enfermé
Dans ma dernière maison je serai bien tranquille
Sous une dalle de béton comme un ultime exil
Et une sépulture comme dans l'ancien temps
Une pierre sans gravures, photo de moi enfant
Mon nom en lettres noires comme une danse lugubre
Gravé comme un espoir pour faire croire à l'absurde
Et refermez sur moi la porte des enfers
Les colonnes et le toit seront votre prière
Ne me regrettez pas ; je ne regrette rien
Soyez heureux pour moi et garder dans vos mains
Cette force de vivre, ces espoirs qui se cassent
Qui vous aident à survivre dans ce monde dégueulasse
Faites l'amour sur ma tombe dans vos danses de silence
Faites l'amour sur ma tombe pour vous sentir en transe
Faites l'amour sur ma tombe comme une étreinte funèbre
Faites l'amour sur ma tombe vous serez dans mes rêves
Faites l'amour sur ma tombe jouissez quelques instants
Si vous aimez les ombres sur mon corps bien trop blanc
Faites l'amour sur ma tombe dans vos danses de silences
Faites l'amour sur ma tombe pour atteindre la transe
Comme une étreinte funèbre jouissez en rêvant
Dans la danse de mes rêves à chacun des instants
Faites l'amour sur ma tombe si vous osez m'aimer
Faites l'amour sur ma tombe si vous le méritez
mercredi 26 novembre 2008
Le rétroviseur
C'est très court une vie, ça file à toute vitesse. Mais un jour on va tous regarder dans le rétroviseur. Et ce jour-là, j'aimerais ne pas être obligé de détourner les yeux.
Je pense que je ne regrette rien. Je ne regrette pas mes cinquante clopes par jour, je ne regrette pas toutes mes bouteilles, je ne regrette pas celles et ceux que j'ai perdu, je ne regrette pas celles et ceux que j'ai découvert, connu. C'est comme ça : les gens entrent dans notre vie, c'est beau ; et puis ils disparaissent vers d'autres personnes, vers d'autres paysages ; et nous, on continue notre chemin, on se perd dans d'autres lits, avec d'autres amis, d'autres envies, d'autres passions. C'est comme ça.
Mais quel intérêt ? On nait, on s'agite et on meurt... Voir les autres avoir des illusions me rappelle que je n'en ai plus, que je n'ai plus de rêves et que mes envies s'envolent les unes après les autres. Mon désenchantement est peut-être énervant. Le fait que je dise que je suis clairvoyant par rapport à moi-même peut paraître prétentieux. Mais c'est comme ça. Ça n'a rien de prétentieux. C'est comme ça. C'est ce que je pense. Mes lunettes noires, c'est pas pour me la péter, c'est pour me cacher. Mes blagues de cul, c'est pour faire croire que je suis drôle, alors que je ne le suis pas. Ma présence pour mes amis, c'est pour penser à autre chose, alors que je ne pense qu'à « ça ».
Il faut avancer. Et il faut vivre. Je préfère ne pas voter que de faire une procuration. Sinon, c'est comme si je ne vivais pas. Mais je me demande : est-ce que je vis réellement ?
mardi 25 novembre 2008
Ca suffit
J'ai toujours pensé que j'étais double : un enfant et un vieux.
L'enfant est complexe : je ne suis pas un enfant de quatre ans, libre, innocent, hors du temps, qui aime les jeux de son âge. Non. Je suis un enfant qui aime la politique, la sociologie, la littérature, la musique, la poésie, le sexe, l'amour, les amis, les sentiments. Je suis un enfant qui aime les personnages des romans. J'aime Madame Bovary qui est pourtant hystérique et insupportable, j'aime Candide qui est un idiot benêt, j'aime les filles immondes du père Goriot, j'aime Gavroche, j'aime Julien Sorel parce qu'il embrasse Madame de Rénal sous cet improbable porche. Pourquoi ? Parce que j'aime Flaubert, j'aime Voltaire et son cynisme rieur, j'aime Balzac qui a ouvert la porte à la littérature du dix-neuvième siècle, j'aime Hugo qui a écrit des chef-d'œuvres comme Les Contemplations, Les Châtiments, La Légende des Siècles ou Les Misérables, j'aime Stendhal qui a trouvé le titre que je jalouse secrètement. J'aime la beauté en ce monde, j'aime les livres et j'aime produire ; dire que je suis un enfant revient à dire que je suis un artiste dans la période la plus créatrice de sa vie.
Pour le vieux, c'est plus simple : je ne crois plus en rien, mes opinions politiques ne sont plus que des convictions concernant la dérive répugnante de ce monde qui court à sa fin. Je n'ai plus aucun désir, je ne veux plus de vie. Je suis prêt à mourir et je n'aurais pas peur de ce départ vers les ondes célestes s'il m'était promis demain.
Finalement, je ne suis plus rien. Il y a bien longtemps que j'ai cessé de rêver.
Je me demande souvent ce que je vais faire de moi. Si je vais mourir, si je vais occuper un emploi merdique pour survivre, si je vais finir écrivain ou poète. Mais la question ne se pose plus : j'ai vécu. C'était bien. Comme tout le monde, j'ai traversé des moments douloureux et des moments de bonheur indescriptibles. Mais je suis heureux de ce que j'ai traversé. Aujourd'hui, les dés roulent encore mais ralentissent - ils vont peut être encore rouler pendant des années, bien sur, peut-être encore vingt ans. Mais c'était bien, vraiment bien, et ça suffit.