mardi 24 février 2009
Crue
Quel bordel, en ce moment ! C'est pire qu'au PS, dans ma tête. Tout se mélange : la musique, l'écriture, les amis, les proches, les filles, la politique, tout. Je n'arrive plus à tout ranger dans les cases. Je n'arrive plus à trouver de la place pour tout mettre. Mon cerveau déborde de partout, ça dégouline le long de mon crâne et je n'y comprends plus rien. Mes cigarettes se consument encore plus rapidement, mes verres se vident toujours autant, dans une incapacité à distinguer le propre du moche, le beau du sale.
Comment ça commence ? Comment ça vient à nous ces périodes de doute et d'incompréhension totale, d'absence d'inspiration ? Peut-être par un émerveillement, une envie, un désir ? Et puis le temps passe. Et on se lasse, on se fatigue, on s'encroute. Alors on veut tout, tout de suite ou alors rien. Nous ne sommes plus que des âmes nombrilistes qui exigent le meilleur et crachent sur le médiocre. Alors comment vivre ? Comment s'organiser ? Comment survivre ? Comment s'aimer ? Comment se regarder dans la glace ? Comment faire rire, pleurer, émouvoir ? Comment s'énerver ou se rassurer, aimer ou détester ? Comment être un Homme ? Comment fuir toutes ces choses qui ne sont pas humaines mais qui donnent à l'Homme sa grandeur et son humanité. Je n'aime pas les Hommes ; j'aime l'Homme dans tout ce qu'il a de grand, de beau, de pur. Misanthropie aiguë, comme toujours, sociabilité beaucoup trop riche. Comment mélanger le rouge et le noir, le sang et l'horreur, la tranquillité et le sale ?
Que dire de ces tableaux que l'on noircit de blanc ? Que dire de ces tables qui nous servent de pistes de danse ? Que dire de ces débats qui ne mènent à rien ? Que dire de ces actions politiques incessantes qui ne nous empêcheront pas de tomber dans le chaos ? Que dire de ce pseudo-courage qui nous permet encore de nous regarder dans la glace et de nous sentir encore un tant soit peu exister ? Que dire de ces mots qui nous tuent sans que l'on s'en rende compte ? Que dire de cette impression de ne plus exister, d'être de trop parfois ? Que dire de cette liberté que l'on croit obtenir comme une Révolution Permanente et qui nous opprime encore plus parce qu'on la cherche encore et toujours, puisqu'elle est infinie ? Que dire de cette envie de partir, loin, très loin, pour vider tout cela et pour ranger correctement la chambre noire et vivre encore des trucs trop bien ?
jeudi 11 décembre 2008
Tchao pantin
La chanson du soir.
Enregistrement merdique parce que réalisé vite fait avant
de poster avec une putain d'angine et dans un état d'alcoolémie
avancé... Parce que la version du mois d'août était pourrie...
L'alcool : le vin blanc. Saumur. Et la clope. Ce réflexe de la clope. Comment est-ce que je peux avoir désormais ce réflexe d'en allumer une dès que la précédente est terminée, alors qu'il y a un an et demi, je ne fumais presque pas ? Qu'est-ce qui a changé pendant ce temps ? Qu'est-ce que je suis devenu ? Pourquoi aujourd'hui je fume et je bois, alors qu'avant, j'essayais d'avoir une vie saine, normale : des amis, des filles, des passions. Je m'interroge tous les jours sur ce qui a changé. Je ne trouve pas la réponse ; les réponses. Je ne trouve rien. Demain, la chinoise ne me dira rien de plus que ce que je sais. Et après, je ferai semblant. Comme d'habitude. Je revêtirai le masque de l'humour et je rentrerai en me perdant dans les rues sombres de la ville, avec dans ma tête des musiques de films noirs et tristes. Je me perds, encore et encore, jusqu'à quoi, d'ailleurs ? Jusqu'à être totalement perdu ? J'ai le naïf espoir de ne pas l'être totalement...
vendredi 14 novembre 2008
Fuck me
Il paraît qu'écrire est une bonne thérapie. Alors j'essaye d'écrire en thérapie ; écrire un roman ou des chansons, je prends pas ça comme une thérapie. Je prends ça comme... je sais pas comment je prends ça d'ailleurs. Une passion, un passage obligé, voire un travail ? Une thérapie. Ça serait pas mal. J'ai l'impression que je suis dans le même état qu'il y a bientôt presque deux ans. Les rendez-vous chez la psy à neuf heures du matin, où je prenais ma défunte bagnole pour aller parler de moi pendant une heure, sans avoir dormi de la nuit ; elle était incompétente. Elle me voyait arriver avec ma gueule en vrac et me disait « ça n'a pas l'air d'aller ce matin ! ». Si connasse, ça allait très bien mais je venais te voir juste pour le plaisir de voir ta sale gueule. J'en ai besoin. Pas elle. Un autre ; une autre. Je commence à être un peu saoul. J'en ai marre de jouer un rôle. J'en ai marre de devoir picoler pour ne pas penser parce que finalement ça ne marche pas mais je n'ai trouvé que cette solution pour l'instant. J'en ai marre de ne pas dormir de la nuit parce que je pense.
J'emmerde profondément ceux qui disent que je suis trop pessimiste, que je les saoule. Je les encule jusqu'au plus profond de leurs intestins et qu'ils aillent violemment se faire mettre. Ils ne sont plus mon problème.
jeudi 13 novembre 2008
Socrate
Explication des deux derniers articles et des réponses aux commentaires qui vont avec.
Choquer c'est bien. Ça permet de déranger. J'aime les gens qui dérangent parce qu'ils forcent les autres à réagir, à argumenter, à réfléchir. Mêmes s'ils ont tort. C'est pas grave d'avoir tort, tant qu'on est en accord avec soi-même, tant qu'on argumente, tant que ce qu'on dit n'est pas trop con. Il y en a bien qui disent des énormités ; quelqu'un qui se trompe ne me dérange pas mais sans aucun argument, j'emmerde les fachos convaincus et autres antisémites partouzant joyeusement avec le gouvernement israélien.
On nait sans avoir rien demandé, on s'agite et puis on meurt. J'aimerais m'agiter mieux. Pourtant je sais que le désespoir est de l'orgueil déguisé mais ça fait bizarre quand on l'a attrapé, comme une maladie. Mais la vie est tellement plus riche que toutes les représentations que l'on peut s'en faire. Alors tant pis si je suis chiant : Socrate disait que la première clé de la grandeur est d'être en réalité ce que nous semblons être. Alors la question est : comment on fait pour être soi-même, pour ne pas jouer des rôles, pour être vrai ? Ça existe vraiment la sincérité ?
Je suis chiant quand mon état de léthargie latent revient sur le devant de la scène qu'est ma gueule négligée : je ne suis plus capable de discuter : dans ces instants, si on me réponds, je ne comprends plus ma question alors je préfère me taire ; je suis chiant avec les autres et chiant avec moi-même. Mais la colère, la colère que j'ai souvent, elle est chiante aussi. Pourtant, la colère me fait vivre ; si je ne suis plus en colère, je suis mort. La colère est une forme de survie. Et dans ces situations, l'absence de colère – puisque trop de dérision – me fait peur : réflexe de survie. Peut-être aussi que c'est pour ça que je peux être à la fois si en colère et si léthargique : une bonne petite névrose, ça donne des ailes. En même temps, je ne sais pas si j'ai une névrose : peut être que si j'ai tort, je suis psychotique, parce qu'un psychotique est certain qu'une voiture a cinq roues et il s'en porte très bien, alors qu'un névrosé sait qu'une voiture a quatre roues et ça le rend dingue... Non à la réflexion, je ne suis pas psychotique.

mercredi 12 novembre 2008
Dialogue de bouffe
Peter Pan : "Fais gaffe, tu vas finir comme l'autre obsédée, si tu continues comme ça, tu vas être tellement portée sur le sexe que tu vas finir par sauter un repas !"
Gaïa : "Moi ? Sauter un repas ? Ben faudrait que j'ai faim !"
Humour noir
" Le cynisme, c'est connaitre le prix de tout et la valeur de rien" (Oscar Wilde).
Je me lève à six heures, demain. Fait chier. Je sais, on va me dire que c'est le lot de beaucoup de gens qui bossent cinq jours sur sept mais en même temps ils n'ont pas de goût : c'est quand même plus simple de vivre sur la fortune de ses parents plutôt que d'aller se faire chier à l'usine où on gagne pas de pognon ; alors ils sont obligés d'aller s'entasser dans des HLM pourris alors qu'on est quand même mieux dans un loft à Saint-Germain des Près. Ils me trouent le cul, ces pauvres, à ne pas savoir comment faire. Et puis après ils gueulent mais c'est facile : ils sont plus nombreux que les riches, c'est pour ça que des gens pas trop cons disent qu'ils ont raison. Mais pour le truc que je me lève tôt demain et que j'ai pas envie, en tant qu'anarchiste et artiste, je décide de faire ce que je veux, de vivre la nuit. Quand j'ai pas le droit, je le prends. La vie me fait chier. Voir les illusions des autres, voir les autres qui y croient, ça me déprime encore plus. Et je crois que le bonheur des autres me gonfle. Pas par jalousie mais parce que je sais que moi, je ne l'atteindrai pas. Les gens qui vont bien m'emmerdent. Je les trouve inintéressants. Et les gens qui vont mal m'emmerdent aussi. Je les trouve chiants. Je pense que ma désespérance est de la lucidité. Et je comprends que je peux être chiant parfois. Mais dire que je suis suicidaire, c'est ne pas me connaitre : je suis seulement autodestructeur.
Pour rester dans le même sujet, je pense souvent aux juifs ; je me dis que c'est quand même grâce à eux qu'on a des fours à micro-onde et des fours normaux qui fonctionnent correctement, parce que les juifs sont les plus grand testeurs de fours du monde. Je les remercie infiniment et c'est la raison pour laquelle ce peuple mérite le plus grand et le plus profond respect. Je tenais à apporter mon soutien aux juifs encore vivants, s'il en reste.
Il me reste du rouge. Il faut que je le finisse sinon je pourrai pas aller me coucher. Ça me fait chier de ne pas avoir trouvé de Riesling, l'autre jour, à Carrefour.
mardi 11 novembre 2008
Les pas dans la nuit
Journée de merde. Le Gewurztraminer n'y fait rien ; ou pire. Alcool et littérature. Alcool et écriture. Camus et Duras me regardent d'un œil rieur, comme si je n'étais pas digne d'eux, comme si je n'étais pas digne de parler de leurs livres. Et le téléphone qui vibre. Un appel au secours à deux heures du matin qui, finalement, avortera, après quelques centaines de mètres à marcher sur les trottoirs. Ça ne fait rien. Je suis là pour les amis perdus dans la ville. Je suis là pour qu'elle ne dorme pas dans la rue mais elle passera la nuit chez elle ; même si... Et même à cette heure il faut que je rencontre des connaissances avec qui je dois parler quelques minutes. Fait chier. Tout me fait chier aujourd'hui. J'en ai plein le cul ; à raz bord ; ça déborde, même, et ça me coule entre les jambes, comme si je m'étais fait enculer jusqu'à gicler. C'est mon ressenti du jour : mets-toi à quatre pattes et je te ferai mal. Alors, encore et toujours : alcool et écriture. Mais le second, j'en suis maintenant bien incapable. Je ne suis plus bon à rien ; je suis un vieillard. Pourtant, je sais qu'il va encore falloir trois heures avant que je m'endorme ; rêver et cogiter, bienvenue dans mes nuits.
lundi 10 novembre 2008
Histoire de clopes
Je me suis assoupi une petite heure sur le canapé vers la fin de la nuit, la gueule sur la clavier de mon roman en cours. J'arrive pas à écrire. Et j'ai trop bu de toute façon.
Mon portable sonne. On me demande à quelle heure j'arrive. Je me réveille difficilement, je descends et j'allume une clope.
Je suis assis sur le canapé, à poils. J'ai mis de la musique. Léo Ferré. La mémoire et la mer, comme tous les matins et puis Another one bites the dust de Queen, puis quelques morceaux de Katie Melua. Je fume une autre clope, je prends ma douche et en me regardant dans la glace, je me dis qu'il faudrait que je me décide à aller chez le coiffeur. Je fume encore une clope. Je pars.
Encore une clope en attendant le bus. Une fille qui attend à côté de moi est jolie, elle a un visage fragile. Elle essaye d'allumer sa cigarette mais son briquet n'a plus de gaz. Je lui tends le mien sans un mot, elle me remercie. Je souris. Je n'ai pas envie de parler.
Il fait chaud. Peut-être n'aurais-je pas du mettre de manteau. Il fait beau. J'aime les matins ensoleillés. Je cache mes yeux rouges derrière mon maquillage ; derrière mes lunettes noires.
Je descends du bus, j'allume une nouvelle clope.
Et puis j'arrive à la cafet', je dis bonjour en riant, je me marre, je m'assoie je discute en fumant une clope et en buvant un café.
Je parle de politique tout le midi en fumant des clopes.
Tu fumes trop, me disent les deux filles, me dit l'ami fidèle qui pourtant fume autant que moi, pendant qu'on est sorti discuter en fumant une clope.
Je sais. Vous aussi vous fumez trop. On fume tous trop. Il paraît que la cigarette est un antidépresseur ; je ne suis pas sûr que ça marche vraiment...
