lundi 13 octobre 2008
X - La mort
Je ne chante pas la mort c'est un sujet trop glauque
Trop morbide et trop noir d'après ce qu'on en dit
Mais je déteste on et j'emmerde les autres
Quand j'enferme la mort dans ma misanthropie
Il n'y a que l'amour qui peut donner la mort
Ou quelque maladie pour ceux qui n'ont pas su
Soigner leur cœur ou les souvenirs de leur corps
Se cachant leurs entrailles dans leur ventre décousu
Car la mort est la sœur de ce qu'on nomme amour
Épris de Liberté que mangent les vautours
Sur cette charogne infâme qu'est la chair de nos morts
Oubliés résistants, exterminés les sourds
Éteignez les télés rendant le monde obscène
Éteignez les télés qui ne sont que la scène
De toutes ces pensées sales gagnant les antipodes
Des conditions humaines, des âmes qui s'érodent
Au fil du temps qui est le chemin vers la mort
Au fil du temps qui est le chemin vers la mort
La banalisation de la pornographie
- Je ne parle pas de sexe, mais de médiocrités
Rendant l'Homme plus con et encore plus soumis
Au fond de sa prison qui veille à le garder
Au milieu de ses murs pour qu'il ne puisse voir
Combien il y a d'idées qui peuvent surgir du noir
Loin de ces émissions depuis longtemps déjà
Tombées au fond du trou et même bien au delà
De cette décadence qu'est l'immense pauvreté
De l'intellect de ceux qui se disent dirigeants
Je n'ai pas de maitre et je n'en aurai jamais -
Cette banalisation me revient tristement
Même par la voix de ceux qui restent les plus grands
Même par ma propre voix qui se croit protégée
Nous sommes tous des complices de ce que l'on nous fait
Comme quelque masochiste excité par le fouet
Qu'il soit haine ou amour le menant vers la mort
Qu'il soit haine ou amour le menant vers la mort
Je chanterai la mort si jamais ça me chante
Si elle me fait chanter en sachant me corrompre
En dealant avec moi des rimes élégantes
Alors je pourrais bien un matin interrompre
Grâce à une overdose de chansons et de rimes
Mon cerveau bouillonnant l'autocratique errance
Que le sang dans mes veines battait à plein régime
Pour un jour exploser ma tête dans une transe
Quand je provoquerai quelques afflux sanguins
A coups d'inspiration toujours dans l'élégance
D'une bombe sans dégâts collatéraux humains
Comme un enfant pleurant de la falaise balance
Son corps frêle et si lourd s'éclatant sur le sol
Dans une marrée de sang qui ressemblait au mien
Comme une rose des vents composant la boussole
Du nouveau crucifix du monde de demain
Qui nous emmènera à jamais vers la mort
Qui nous emmènera à jamais vers la mort
jeudi 9 octobre 2008
IX - Baudelaire est mort
Il y a de la brume sur la plaine de nos vies
Les souvenirs voilés par le temps qui s'enfouit
Au dessus de nos têtes quand les corps deviennent gris
Et que les crépuscules signifient insomnies
Quand les aubes des jours qui passent sans visage
Une lumière blanche vient noyer les rivages
De la rivière qui coule au fond de nos esprits
Sur la vase salie de ce qu'on n'a pas dit
Dans l'été des moissons ou l'hiver de la pluie
Quand les bourgeons renaissent au printemps indécis
Ou que la nature meurt sur l'automne de l'oubli
C'est Baudelaire qui meurt et qu'on noie dans nos cris
Les marques de nos vies dans le Spleen de Paris
Pour s'en aller lécher l'écume de la mer
Comme un musicien, vagabond solitaire
Comme un corps qui se perd le soir au fond d'un lit
De l'âme gémissant sous le plaisir humide
Ou dans la solitude d'une scène qu'on imagine
Pour préparer les rêves dans des coffres timides
Fermés à double tour dans des caveaux tranquilles
Qu'on appelle mémoires et dont la clé perdue
N'ouvrira plus jamais cette porte grinçante
Qui nous mène parfois sur ces routes errantes
Sans que l'on sache vraiment que Baudelaire est perdu
La fin du temps viendra nous chercher tranquillement
Vers une mort trop lente après la maladie
De la vie frissonnante, celle qu'on a franchie
Détestant les souffrances qu'elle nous donne à présent
A la fin du mois d'août à un tiers de ce siècle
Qui sublimait l'amoour, qui aimait la souffrance
Qui disait que sans elle règnerait le silence
Seulement pour emplir notre bibliothèque
Le poète est parti en nous donnant de lui
Ces mots trop magnifiques pour pouvoir en parler
Et puis Baudelaire est mort et moi je peux pleurer
Dès la fin de nos mots dans nos corps asphyxiés
Quand l'ordre et la beauté s'envolent avec le temps
Qui envoie nos amours s'écraser dans le sang
Comme un enfer baignant dans la gueule du néant
La volupté s'écrase dans le feu des volcans
Quand Baudelaire s'en va c'est le monde qui meurt
De pertes en fracas et la mort des couleurs
La Terre ne gagnera que les obscénités
De ces nouveaux poètes et leur médiocrité
Que j'incarne à côté de celui dont on dit
Qu'il est le séducteur par le Spleen de Paris
Baudelaire est mort ce soir et mon âme avec lui
S'est enfouie dans sa tombe au plus profond des nuits
lundi 6 octobre 2008
VIII - La tristesse
La vraie tristesse est la peur qui nous prend
Un soir d'hiver avant la fin des temps
Quand on sent que la mort balancera le berceau
De notre vie qui nous mène au tombeau
La peur du vide qui peuple l'estuaire
Dans les silences de l'excitante rivière
L'absence d'épaules pour y poser nos larmes
Juste avant de partir dans l'océan trop calme
La vraie tristesse peut être aussi l'union
D'un requiem avec l'accordéon
Comme un archet qui coule de l'encre blanche
Au fond des caves hors de leurs bienséances
La frustration que l'on vomi parfois
En écartant d'autres parois de soie
Pour oublier ce qu'est l'absence de cris
Le corps se perd dans la pornographie
La vraie tristesse est tous les jeux de mots
Démagogies au fond de nos cerveaux
Que l'on distille par des filtres en papier
Comme on oublie les graines du café
Anticonformisme remplace liberté
Au fond des siècles d'écrivains prisonniers
De leurs angoisses comme des bateaux à vents
D'une rive à l'autre sans suivre le courant
La vraie tristesse est le plaisir pour soi
Quand l'égoïsme nous refuse les bras
Des autres dont on oublie les odeurs
La peau des autres n'est plus qu'une lueur
Comme un cerveau transpercé par l'archer
Qui dit au corps qu'il est trop esseulé
Les plaisirs solitaires sont trop faciles
Quand le mat est un instrument docile
La vraie tristesse est l'absence d'une main
Pour retenir la force du destin
L'obscurité que traduisent les demains
Pour terminer dans l'Eden des jardins
L'absence d'une main pour conjurer la mort
Dans l'évidente fatalité des corps
Qui courent trop vite emportés par les vents
Pour terminer dans le grand océan
vendredi 3 octobre 2008
VII - Ensemble
Laisse-moi vivre un peu de temps
Laisse-moi aimer dans d'autres bras
Avec un amour différent
Qui n'a rien à voir avec toi
Laisse-moi marcher sur mon chemin
Laisse-moi caresser d'autres mains
Et puis je croiserai le tien
Quand tu voudras prendre ma main
ALors ce soir je vais partir
Pour un peu de temps sans tes bras
Et puis je reviendrai unir
Nos pensées pour chauffer le froid
Qui nous habite les nuits d'hiver
Et alors nous saurons nous dire
Que nos moments sont des prières
Pour ne plus jamais nous trahir
Et enlacés l'un contre l'autre
Nous deux on se foutra des autres
Qui nous regardent et qui nous jugent
Qui nous méprisent et nous refusent
On sortira du monde entier
Aussi pourri que leurs idées
Nous resterons ensemble
Nous resterons ensemble
Tu te blottiras contre moi
Je te serrai contre mon corps
Je t'entourerai de mes bras
Parce qu'à deux on est plus fort
A deux on se protègera
De tout le reste de la Terre
Des fous qui nous ont planté là
Qui croyaient qu'on n'avancerait pas
Je te bercerai de musique
Du son tranquille de mes guitares
Et notre pouvoir despotique
Que nous aurons sur les nuits noires
Nous les teinterons de couleurs
Pour que t'oublies le manque de moi
Nous fabriquerons des lueurs
Pour que j'oublie l'absence de toi
Et enlacés l'un contre l'autre
Nous deux on se foutra des autres
Qui nous regardent et qui nous jugent
Qui nous méprisent et nous refusent
On sortira du monde entier
Aussi pourri que leurs idées
Nous resterons ensemble
Nous resterons ensemble
Nous fabriquerons des moments
Dont nous seuls connaitrons l'essence
Qui est cet amour qui nous prend
Avec toi je sens l'existence
De mon corps qui bat contre toi
Mon coeur qui bat contre le tien
Dans mon unique désir de toi
Qui est celui d'unir nos mains
Et enlacés l'un contre l'autre
Nous deux on se foutra des autres
Qui nous regardent et qui nous jugent
QUi nous méprisent et nous refusent
On sortira du monde entier
Aussi pourri que leurs idées
Nous resterons ensemble
Nous resterons ensemble
mercredi 1 octobre 2008
VI - Déshumanisation
Ils sont partis comme des cons
Pour s'attrouper devant des urnes
Ils ont oublié ce qu'ils sont
Même le jour devient nocturne
Ils votent tous pour un homme
Qui passe bien à la télé
Pour que ce pays monochrome
Puisse enfin se pétainiser
Les élections autorisées
Parce qu'elles ne causeront pas de tort
A tous ces intérêts privés
A leur trop obscène confort
Ne le seraient pas si jamais
Elle nous garantissait des droits
Je ne veux pas être emmerdé
Les autres je n'les emmerde pas
J'exècre toutes leurs élections
Qui nous font croire que nous comptons
Je brûlerai tous leurs drapeaux
Qui des consciences sont les bourreaux
Je ferai taire tous leurs hymnes
Au nom desquels on assassine
Ces symboles ne sont pas les miens
Ma profession s'appelle Humain
La société a transformé
Ses sujets en ordinateurs
Asservissement robotisé
Pour finalement être chômeur
Les gamins qui vont à l'école
Ne comprennent pas que la France
Les traite comme on traite une vérole
Issue d'une putain luxuriante
Ils se font prendre pour des cons
Mais continuent à accepter
De tranquillement comme des pions
De se faire sodomiser
Ils ne sont pas conscientisés
Ils ne connaissent pas l'anarchie
La guerre des armes et des idées
D'une révolution réussie
J'exècre toutes leurs élections
Qui nous font croire que nous comptons
Je brûlerai tous leurs drapeaux
Qui des consciences sont les bourreaux
Je ferai taire tous leurs hymnes
Au nom desquels on assassine
Ces symboles ne sont pas les miens
Ma profession s'appelle Humain
lundi 29 septembre 2008
V - Hippies
La vie les use peu à peu
Ils se réfugient où ils peuvent
Ils vivent parfois un peu à deux
Sous des orages sans lueurs
Ils fument beaucoup et boivent aussi
Ce qu'ils trouvent là et puis c'est tout
Ils se construisent un paradis
Pour s'isoler de tous les fous
Les Hippies
Ils résistent aux vents aux orages
Les Hippies
Les Hippies
Ils deviendront des âmes errantes
Perdus au milieu de ce monde
Mais verront des étoiles filantes
Qui ne meurent jamais dans leur tête
Ils ont des rêves au bout des doigts
Qu'ils effleurent dans les nuits d'été
Une guitare entre les bras
Et un pétard pour oublier
Les Hippies
Ils résistent aux vents aux orages
Les Hippies
Les Hippies
Dans les déserts où ils se trouvent
Dans la fumée des feux de joie
Anarchie et paix et amour
Sont des mots qu'ils ont sacrés roi
Ils connaissent la révolution
Mais savent bien que le ménage
C'est dans la tête qu'on doit le faire
Penser comme des enfants sages
Les Hippies
Ils résistent aux vents aux orages
Les Hippies
Les Hippies
Leurs cheveux longs trainent un peu
Sur leurs épaules chargées d'Histoire
De vies et d'absences d'adieux
Quand ils n'ont pu que dire au revoir
Le temps leur semble inexistant
Ils ne pensent qu'à jouir de la vie
Et à être heureux dans le vent
On les appelle les hippies
Les Hippies
Ils résistent aux vents aux orages
Les Hippies
Les Hippies
Leurs corps sont rouge ou bien noir
Ils sacrifient leur existence
Au prix de ce que coûte l'espoir
Puis ils s'endorment dans le silence
Ils parlent de révolution
Mais à attendre on perd son temps
Ils trouvent que le temps est long
Et ils ne quittent pas leurs guitares
Les Hippies
Ils résistent aux vents aux orages
Les Hippies
Les Hippies
vendredi 26 septembre 2008
IV - Le vieux d'hiver
Y avait du brouillard trop givrant
La fin de l'hiver dans tes nuits
Sur la ville venait le printemps
Se lever comme un matin gris
Il y avait cette eau sans berceau
Qui donnait l'âme de ceux d'ici
Restant toujours à sa merci
Comme un pêcheur trop endurci
Quand les pêcheurs n'ont plus de cœur
Je pense alors Petite Sœur
Qu'il serait temps que la mer monte
Pour ensevelir mes erreurs
La mer venait se fracasser
Sur les rochers comme un désert
Qui meurt de soif comme une paix
Qu'on ne signe pas mais qui espère
Malgré notre âge, malgré nos vies
Malgré nos rêves inassouvis
Malgré les langueurs de nos rêves
Malgré l'absence de nos fièvres
La mer venait se fracasser
Contre ma tête à coups d'épées
Contre mon âme qui n'a plus
Le moindre espoir trop superflu
La mer venait se fracasser
Contre la plage et les rochers
Comme se fracasse ma destinée
Sur ce que je n'ai jamais fait
Dans les lambeaux du temps qui passe
Quand la petite fille se lasse
D'accompagner le vieux qui part
Vers un cimetière de hasard
Dans les lambeaux du temps qui reste
Quand la petite fille déteste
Prendre la main de ces chagrins
Qui viennent du soir au matin
Parce qu'il y a l'âge et puis la vie
Et puis les rêves inassouvis
Parce que les langueurs de mes rêves
Parce qu'il y a l'absence de fièvres
Quand le vieux marche vers demain
C'est dans son pas trop incertain
Que je peux voir qui le retient
De cette tombe d'écrivain
Quand le vieux marche comme une ombre
Comme un mort regagnant sa tombe
Dans les nuits blanches de pleine lune
Comme un soleil couvert de brumes
La mer venait se fracasser
Contre la plage et les rochers
Contre mon âme qui ne veut plus
De ces énigmes irrésolues
Dans les lambeaux du temps qui reste
Quand la petite fille déteste
Accompagner le vieux qui part
Vers un cimetière du hasard
Parce qu'il y a l'âge et puis la vie
Et puis les rêves inassouvis
Parce que les langueurs des rêves
Parce que l'absence de fièvre
Dans les lambeaux du temps qui reste
Faisant se lever sur ton corps
Les signes forts de nos ivresses
Qui nous atteignent parfois encore
mardi 23 septembre 2008
III - Les souvenirs
Les souvenirs sont ceux d'hier
Qui te prennent comme un étaux
Comme un meurtrier de la guerre
Que l'on rejoint depuis les maux
Que l'on rejoint depuis le temps
Qui vient nous pourrir le présent
Qui vient anéantir l'instant
Qui vient faire tomber tous les vents
Qui portent le beau du passé
Que l'on cherche dans les demains
Comme une page trop bien tournée
Que l'on oublie dès le matin
Qui se renouvelle chaque jour
Dans la tendresse et dans l'amour
Qui se perd dans les soirs de brumes
Qu'on oublie dans les crépuscules
Les souvenirs, ceux de demain
Ceux qui font vivre nos espoirs
Comme un oubli de nos sourires
Que l'on range dans des tiroirs
Qui prennent peu à peu la poussière
Puisque personne n'a ouvert
Ces boites du passé en rêve
Ou dans le jour les yeux ouverts
Alors quand l'âge traverse le temps
Comme une barque descend le fleuve
Qu'on a parcouru tranquillement
Traversant toutes ces épreuves
Tel un héros que l'on ignore
Parce que l'on oublie souvent
Ce qu'étaient les efforts d'alors
Et les tristesses et les tourments
Les souvenirs, les yeux fermés
Sur le passé qui a passé
Quand la vieillesse frappe à ta porte
Ton sourire oublie les cloportes
Qui ont hantés le temps qui passe
Puisque tout ça est terminé
Puisqu'un jour les aigreurs se lassent
D'étouffer le beau que tu sais
Faire remonter à la surface
Depuis les cailloux plein de vase
Depuis la pénombre coriace
Qui entachait tous nos rivages
Qui entachait tes souvenirs
Puisqu'un jour il te faut partir
Mais ce jour n'est pas arrivé
Ta vie ne fait que commencer
Alors rien qu'aujourd'hui seulement
Pense que tu meures demain
Même si tu crois que tu te mens
Pense qu'un jour pas si lointain
L'apaisement de tes blessures
Qui t'a forgé pour un moment
La plus puissante des armures
Celle d'aimer le palpitant
L'amour ne dure pas toujours
Jusqu'à la fin de tous nos temps
Un jour les visages nous quittent
Pour en faire naitre d'autres plus grands
Et puis quitte ces limbes de soie
Qui t'ont bercées de leurs langueurs
Pousse les portes devant toi
Pour découvrir d'autres lueurs
Des lueurs qui seront si belles
Si pures et si pleines de lumières
Parce que tu ne sais pas laquelle
Des odeurs de ton atmosphère
Viendra demain prendre ta main
Pour t'emmener dans le carrosse
De ce qu'on nomme le destin
De ce qui s'appelle la force
La force de vivre et d'aimer
Dans le souvenir du passé
Ce qui peut être beau ou laid
Ou des sourires comme je te fais
Alors quitte ces limbes de soie
Qui t'ont bercées de leurs langueurs
Et pousse les portes devant toi
Pour découvrir d'autres lueurs
samedi 20 septembre 2008
II - La mer
La mer ne s'éteindra jamais
Sous les étoiles, contre un Narcisse
Tu ne peux rien deviner
Des profondeurs de ses abysses
La nuit contre la mer d'écume
La vérité d'une solitude
Vient me bercer d'un air tranquille
Comme une guitare immobile
Alors je rêve de tous ces ports
De ces étreintes avec les vents
Qui embrassent nos tristes sorts
Comme des glaciers de sang
Quand les bateaux sont amarrés
Trainant leurs coques immobiles
Comme ces violonistes exilés
Sur les dunes de l'impossible
Quand j'enfonce profondément
Mon corps au creux de tes blessures
Dans cette rivière mouillant
Les rives de mon écriture
D'une plume blanche d'encre liquide
Qui décorait les profondeurs
De tes courbures indicibles
Lorsque je buvais ta liqueur
Quand la mer vient contre tes draps
Avec les souvenirs du temps
Lorsque remontait la marée
Puis descendait infiniment
Mon âme s'unissant à la tienne
Dans l'ignorance de nos vies
Seulement des pluies trop diluviennes
Pour qu'elles durent à l'infini
Tu te souviendras de ces cris
Qui gueuleront dans le désert
Comme une mer trop infinie
Comme un étau qui se resserre
Nos souvenirs sont maintenant
Des trésors dans des nécropoles
Comme tombés dessous les vents
Comme les richesses de l'acropole
La mer est le désir sans voix
De cette union qui porte un nom
Que je ne prononcerai pas
Pour m'interdire mes frissons
Mais la mer c'est aussi ce rêve
Que je ferai pour toi ce soir
Quand elle t'apportera les fièvres
Par le vent du large de l'espoir
Nous serons deux contre la mer
Un corps à corps avec le temps
Pour nous unir avec la Terre
Comme un fou qui bénit les vents
Ce fou c'est Eole qui se perd
Au milieu des Hommes des prières
Contre les murs de leurs mystères
Qu'ils oublieront tous en Enfer
Je fais ce rêve devant toi
Pour que tu deviennes à ton tour
Celle qui donne pour un Roi
Qui n'existe que dans l'amour
La mer t'étreint pour que demain
Tu puisses faire l'amour à nos rimes
Qu'on construira dans le lointain
Dans nos rêves que j'imagine
mercredi 17 septembre 2008
I - Anarchie
Ils rêvent encore un peu d'un monde dit nouveau
Ils espèrent que le feu reprendra sur les cimes
Des barricades montées sur l'Histoire de nos mots
Dans les livres corrects qui cassent toutes nos rimes
Ils espèrent que leurs vœux en secret renaitront
Et viendront cracher à la face d'une société
Qui ne se souvient pas de ce que nous étions
Et qui n'a jamais su ce qu'est la Liberté
Ils savent bien qu'ici l'espoir est interdit
Qu'on emmerde le monde et le monde en échange
Nous rend bien la pareille qu'on comprend dans les nuits
De veille et de misère quand les esprits s'échangent
Des corps ou convictions peut importe la monnaie
Tant que le drapeau noir flotte sur les idées
Tant qu'il y aura des mots pour nous dire ce qu'on est
Au milieu de ces gens depuis longtemps largués
Ils espèrent qu'un jour au milieu du désert
Surgira en retour comme une vengeance de bruit
La totale Liberté ravageant les Enfers
Comme un alexandrin qui vient de l'infini
Pour trahir pour une fois les bourgeois de l'État
Qui ne savent que lutter pour garder leur maitresse
Qu'on appelle la France et qui vient dans leurs bras
Se courber devant eux en restant la traitresse
De toutes nos idées la plus noble qui soit
Est celle qu'on ignore au plus profond des êtres
Celle d'être soi-même même si je ne peux pas
Vous dire ce que veut dire cette expression peut-être
Que c'est la Liberté que l'on cherche toujours
Au fond d'un lit de soie où naissent les plaisirs
Au creux de nos idées comme on cherche l'amour
Qui signifie aussi : absence d'asservir
Les épées de l'Histoire sont à jamais gardées
Dans le musée des Hommes qui se sont libérés
Grâce à la mort de l'être en se faisant aimer
Par ces fous inconscients qui croyaient atteler
Des remorques de culture à leur âme dépravée
Passer à la télé pour nous faire gerber
Qu'ils crèvent dans des trous tous seuls comme des rats
Sans la conscience que nous ne sommes pas des malfrats
La Liberté totale que l'on dit criminelle
Alors que c'est l'amour qui est son pléonasme
Pour briser ces acquis construits sur des charniers
Parce que rien ne pourra briser cet enthousiasme
Que l'on érige à coups de couteaux dans les plaies
Des serments exaltés pour ne pas les juger
Pour ne pas que l'on sache leur criminalité
Offense bien réelle à nos Égalités